Malaise, vertige, perte de connaissance brève : ces situations sont parmi les plus fréquentes rencontrées par un SST sur le lieu de travail, bien plus souvent qu'un arrêt cardiaque. Savoir les différencier et réagir avec méthode évite bien des complications.

Qu'est-ce qu'un malaise ?

Un malaise est une sensation ou un trouble passager qui traduit un mauvais fonctionnement temporaire de l'organisme, sans qu'il s'agisse nécessairement d'une urgence vitale immédiate. Il peut néanmoins être le signe avant-coureur d'un problème plus grave, ce qui impose une évaluation systématique et prudente par le SST.

Les signes évocateurs d'un malaise incluent : pâleur, sueurs, vertiges, sensation de faiblesse, troubles de la vision, difficulté à parler, engourdissement d'un membre, douleur thoracique ou abdominale.

Les principaux types de malaises rencontrés au travail

  • Malaise vagal : chute de tension brutale souvent liée au stress, à la chaleur, à la station debout prolongée ou à la vue du sang. La victime pâlit, transpire, puis peut perdre connaissance brièvement.
  • Hypoglycémie : fréquente chez les personnes diabétiques, elle se traduit par tremblements, sueurs froides, confusion, voire agressivité inhabituelle.
  • Malaise lié à la chaleur (coup de chaleur) : de plus en plus fréquent avec les épisodes de forte chaleur, notamment en atelier ou à l'extérieur — peau chaude et rouge, confusion, parfois absence de sueur.
  • Malaise cardiaque ou douleur thoracique : oppression, douleur qui irradie vers le bras ou la mâchoire, essoufflement — à considérer comme une urgence vitale potentielle.
  • Crise d'épilepsie ou convulsions : mouvements incontrôlés, perte de connaissance, nécessitant de protéger la victime sans la contenir de force.

La conduite à tenir face à un malaise

  1. Protégez la victime d'une chute ou d'un choc supplémentaire (dégagez l'environnement immédiat)
  2. Installez-la en position adaptée : allongée jambes surélevées en cas de malaise vagal simple, semi-assise si elle a du mal à respirer ou se plaint d'une douleur thoracique
  3. Questionnez-la si elle est consciente : antécédents connus, prise de traitement (notamment pour les diabétiques), circonstances d'apparition
  4. Alertez les secours dès que le malaise semble anormal, se prolonge, ou s'accompagne de signes de gravité (douleur thoracique, difficulté à parler, paralysie d'un membre)
  5. Restez auprès d'elle jusqu'à l'arrivée des secours ou son rétablissement complet, et surveillez l'évolution

Quand un malaise devient-il une urgence vitale ?

Certains signes doivent systématiquement déclencher une alerte immédiate au SAMU (15), même en l'absence de perte de connaissance :

  • Douleur thoracique intense ou oppressante, surtout si elle irradie vers le bras gauche ou la mâchoire
  • Difficulté soudaine à parler, déformation du visage, faiblesse ou paralysie d'un côté du corps (signes évocateurs d'un AVC)
  • Perte de connaissance qui se prolonge au-delà de quelques secondes
  • Convulsions qui durent plus de 5 minutes ou se répètent
  • Difficulté respiratoire marquée

Face à une suspicion d'AVC, la rapidité de l'alerte est déterminante : plus la prise en charge médicale intervient tôt, meilleures sont les chances de récupération. Ne perdez jamais de temps à attendre une amélioration spontanée dans ce type de situation.

Ce qu'il ne faut pas faire

  • Ne donnez jamais à boire ou à manger à une victime dont la conscience est altérée, même partiellement
  • Ne laissez jamais seule une personne encore confuse après un malaise, même si elle semble vouloir reprendre son activité
  • Ne forcez pas une personne en crise convulsive et ne mettez rien dans sa bouche : protégez simplement son environnement
  • Ne minimisez pas un malaise répété chez la même personne : il doit être signalé au service de santé au travail

Le rôle du SST après un malaise "sans gravité apparente"

Un des pièges les plus fréquents pour un SST est de considérer qu'un malaise sans perte de connaissance et sans signe alarmant ne mérite pas de suite particulière. En réalité, même un malaise qui semble anodin doit donner lieu à une transmission d'information au service de santé au travail ou à la hiérarchie, en particulier lorsqu'il se répète chez le même salarié. Ce suivi permet parfois de détecter un problème de santé sous-jacent (diabète non diagnostiqué, troubles cardiaques débutants), ou un facteur organisationnel à corriger (chaleur excessive au poste, cadence trop soutenue, manque d'hydratation disponible sur le site).

Malaise et responsabilité du sauveteur

Un SST qui prend en charge un collègue victime d'un malaise n'a pas vocation à établir un diagnostic médical — ce n'est ni son rôle ni sa compétence. Sa mission se limite à observer les signes, sécuriser la situation, alerter si nécessaire, et transmettre des informations claires aux secours ou au service de santé au travail. Cette limite claire du rôle du SST est d'ailleurs rappelée explicitement dans le référentiel INRS : il agit selon des procédures définies, sans jamais se substituer à un professionnel de santé.

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JA
Écrit par Julien Abbé Directeur de la publication, Arcus-Factory SAS — contenu vérifié selon le référentiel INRS. En savoir plus