La position latérale de sécurité (PLS) est l'un des gestes les plus fréquemment pratiqués en formation SST — et l'un des plus mal maîtrisés en situation réelle, faute de répétition. Voici la technique complète, étape par étape, ainsi que les erreurs à éviter.

Dans quel cas mettre une victime en PLS ?

La PLS s'applique à une victime qui réunit deux critères simultanés :

  • Elle est inconsciente (elle ne répond pas aux questions, ne réagit pas si on lui parle ou lui serre la main)
  • Elle respire normalement (le thorax se soulève régulièrement, le souffle est audible et régulier)

Si la victime respire mais ne réagit pas, la placer en PLS permet d'éviter deux risques majeurs : l'obstruction des voies aériennes par la chute de la langue en arrière, et l'inhalation de vomissements en cas de régurgitation. Ces deux mécanismes sont responsables d'un nombre significatif de décès évitables chez des victimes inconscientes livrées à elles-mêmes sur le dos.

Attention : si la victime ne respire pas normalement (absence de respiration ou gasps), il ne faut jamais la mettre en PLS — il s'agit alors d'un arrêt cardiaque suspecté, qui impose de débuter immédiatement la réanimation cardio-pulmonaire.

La technique de la PLS, étape par étape

  1. Retirez les lunettes de la victime si elle en porte, et desserrez tout vêtement ou accessoire serrant le cou
  2. Placez le bras côté sauveteur à angle droit du corps de la victime, coude plié, paume vers le haut
  3. Repliez l'autre bras de la victime en travers de sa poitrine, le dos de la main contre sa joue opposée — maintenez cette main en place
  4. Attrapez la jambe la plus éloignée juste derrière le genou et relevez-la, pied au sol
  5. Faites basculer la victime vers vous en tirant sur cette jambe pliée, tout en maintenant sa main contre sa joue
  6. Ajustez la jambe du dessus pour former un angle droit avec la hanche, afin de stabiliser la position
  7. Basculez légèrement la tête vers l'arrière pour bien dégager les voies aériennes, la bouche orientée vers le sol pour permettre l'écoulement d'éventuels liquides

Une fois la victime installée, vérifiez que sa position est stable (elle ne doit pas pouvoir basculer sur le dos ou sur le ventre) et que rien n'entrave sa respiration.

La surveillance après la mise en PLS

La PLS n'est pas un geste que l'on effectue puis que l'on oublie : la victime doit être surveillée en continu jusqu'à l'arrivée des secours :

  • Vérifiez régulièrement que la respiration reste normale (fréquence, régularité)
  • Restez à proximité immédiate pour intervenir sans délai en cas d'arrêt respiratoire
  • Si la respiration s'arrête, retirez immédiatement la victime de la PLS et débutez la RCP
  • Couvrez la victime si nécessaire pour éviter le refroidissement, sans jamais interrompre la surveillance de sa respiration

Cas particuliers et adaptations

SituationAdaptation de la PLS
Suspicion de traumatisme du dos ou du couMobiliser la victime avec la plus grande prudence, en bloc, idéalement à plusieurs sauveteurs ; ne jamais renoncer à la PLS si la respiration est menacée, mais limiter les mouvements de la tête
Femme enceintePrivilégier la PLS sur le côté gauche pour limiter la compression des vaisseaux abdominaux
Victime obèse ou de forte corpulenceAdapter l'angle des membres pour garantir la stabilité, quitte à demander l'aide d'un second sauveteur
Nourrisson ou jeune enfantTechnique adaptée avec un angle de bascule plus léger — geste enseigné spécifiquement en formation petite enfance, non couvert par le SST classique

Erreurs fréquentes constatées en formation

  • Oublier de dégager la main de la victime après la bascule, ce qui la laisse coincée sous son propre poids
  • Une bascule trop brutale, qui peut aggraver une blessure non détectée
  • Une tête insuffisamment inclinée vers l'arrière, qui ne dégage pas correctement les voies aériennes
  • Un abandon de la surveillance après la mise en place, alors que l'état de la victime peut évoluer à tout moment

Pourquoi ce geste est-il si souvent évalué en certification ?

La PLS revient fréquemment lors des mises en situation de l'évaluation SST, pour plusieurs raisons pédagogiques précises. D'abord, elle mobilise une séquence de gestes précis et ordonnés qui permet à l'évaluateur de juger facilement la rigueur méthodologique du stagiaire. Ensuite, c'est une situation réellement fréquente en entreprise — bien plus qu'un arrêt cardiaque — puisqu'elle concerne toute perte de connaissance transitoire (malaise vagal, choc léger, ivresse). Enfin, elle illustre parfaitement la logique du P de la méthode PAS : une victime mal positionnée peut voir son état s'aggraver par un geste de premiers secours mal maîtrisé, ce qui souligne l'importance de la précision technique, pas seulement de la bonne intention.

La différence entre PLS et simple surveillance assise

Une erreur fréquente chez les non-initiés consiste à laisser une victime inconsciente assise, la tête posée sur une table ou contre un mur, en pensant "la surveiller" suffit. Cette position ne protège absolument pas les voies aériennes : en cas de vomissement ou de relâchement musculaire, la victime peut s'étouffer sans qu'aucun témoin ne s'en rende compte à temps. La PLS, elle, utilise la gravité pour évacuer naturellement tout liquide vers l'extérieur de la bouche — c'est cette différence physique fondamentale qui justifie sa systématisation dès qu'une victime inconsciente respire normalement.

Entraînez-vous sur la PLS et les autres gestes d'urgence avec nos QCM gratuits du référentiel INRS 2026, corrections détaillées incluses.

Faire le QCM position latérale de sécurité →
JA
Écrit par Julien Abbé Directeur de la publication, Arcus-Factory SAS — contenu vérifié selon le référentiel INRS. En savoir plus