La trousse de secours est le premier réflexe du SST face à un accident, mais son contenu n'est pas laissé au hasard : il doit être adapté aux risques réels de l'entreprise et respecter certaines exigences. Voici ce qu'elle doit contenir, où la placer, et comment l'entretenir dans la durée.

Ce que dit la réglementation

L'article R.4224-14 du Code du travail impose que les lieux de travail soient équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. Contrairement à une idée répandue, il n'existe aucune liste nationale unique et exhaustive imposée par la loi pour le contenu précis d'une trousse de secours : c'est à l'employeur de déterminer ce contenu en fonction des risques identifiés dans son Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER), éventuellement avec l'appui du médecin du travail.

Le socle minimal recommandé

Au-delà des obligations réglementaires générales, les recommandations de la CARSAT et de l'INRS convergent vers un socle de base que l'on retrouve dans la quasi-totalité des trousses de secours d'entreprise :

  • Compresses stériles individuelles, en nombre suffisant et en plusieurs tailles
  • Pansements adhésifs de tailles variées, et pansements compressifs prêts à l'emploi
  • Gants à usage unique non stériles (protection du sauveteur face au risque infectieux)
  • Ciseaux à bouts ronds pour découper un vêtement sans risque de blesser la victime
  • Couverture de survie pour limiter le refroidissement d'une victime en état de choc
  • Antiseptique cutané non alcoolisé et sérum physiologique pour le rinçage oculaire
  • Écharpe triangulaire et sparadrap
  • Fiche récapitulative des numéros d'urgence, affichée à proximité immédiate

Point d'attention : contrairement à une pratique répandue, les médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires...) ne doivent en principe pas figurer dans une trousse de premiers secours d'entreprise. Le SST n'est pas habilité à administrer un médicament sans prescription, même en apparence anodin.

Adapter le contenu aux risques du poste

Type d'activitéMatériel à ajouter au socle de base
Atelier avec risque de coupure (menuiserie, métallurgie)Pansements compressifs renforcés, garrot tourniquet certifié
Exposition à des produits chimiquesRince-œil portable, quantité d'eau de rinçage suffisante, fiches de données de sécurité (FDS) à proximité
Travail en extérieur, chantier BTPProtection contre le froid ou la chaleur, matériel adapté aux plaies étendues
Bureaux, activité tertiaireSocle de base généralement suffisant, avec accès à un défibrillateur selon la taille du site

Où placer la trousse de secours ?

L'accessibilité est aussi importante que le contenu : une trousse complète mais inaccessible en quelques dizaines de secondes perd une grande partie de son utilité. Les bonnes pratiques recommandées :

  • Emplacement signalé de façon visible (pictogramme normalisé croix blanche sur fond vert)
  • Jamais fermée à clé, pour un accès immédiat en cas d'urgence
  • Une trousse par zone géographique ou par atelier dans les sites étendus, plutôt qu'une trousse unique centralisée
  • Accessible aussi bien en horaires normaux qu'en horaires décalés (nuit, week-end) si l'activité s'y déroule

Entretien et vérification périodique

Une trousse de secours n'est utile que si son contenu est à jour. Il est recommandé de désigner une personne responsable de sa vérification régulière (idéalement un SST), chargée de :

  • Contrôler les dates de péremption des produits (compresses stériles, antiseptiques)
  • Réapprovisionner immédiatement après chaque utilisation, sans attendre une vérification périodique
  • Vérifier l'intégrité des emballages stériles
  • Tenir un inventaire simple pour anticiper les besoins de renouvellement

Qui peut utiliser la trousse de secours ?

Contrairement à une idée reçue, la trousse de secours n'est pas réservée aux seuls SST : tout salarié peut légitimement l'utiliser pour se soigner lui-même ou soigner un collègue en cas de blessure mineure (petite coupure, écharde). En revanche, face à une situation plus grave, il est recommandé de laisser la main à un SST présent, formé pour évaluer correctement la gravité et adapter le geste — un salarié non formé peut, avec de bonnes intentions, appliquer un geste inadapté (par exemple désinfecter une plaie profonde qui nécessiterait en réalité une simple compression et une alerte immédiate).

Un point de débat récurrent concerne les antiseptiques alcoolisés : de plus en plus d'entreprises les excluent au profit de solutions non alcoolisées, moins agressives sur les plaies et sans risque d'inflammation à proximité d'un point chaud — un choix à trancher avec le médecin du travail selon l'activité concernée.

Trousse de secours et défibrillateur : deux équipements distincts

La trousse de premiers secours ne doit pas être confondue avec le défibrillateur automatisé externe (DAE), qui répond à une logique d'implantation différente (accessibilité en moins de 3 minutes de marche depuis tout poste de travail). Les deux équipements sont complémentaires mais gérés séparément, avec des fréquences de contrôle propres à chacun.

Révisez les bons réflexes face à une plaie ou une hémorragie avec notre QCM dédié, en lien direct avec le contenu d'une trousse de secours bien équipée.

Faire le QCM hémorragie externe →
JA
Écrit par Julien Abbé Directeur de la publication, Arcus-Factory SAS — contenu vérifié selon le référentiel INRS. En savoir plus